Résultats de l’étude CCI sur l’impact de la crise sanitaire sur les commerces de centre-ville à Châteauroux

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L’étude proposée par la CCI et l’association Les Boutiques de Châteauroux a porté sur un échantillon de 216 commerces, services et cafés-hôtels-restaurants. Lancée le 18 mai dernier, juste à la veille de la réouverture annoncée des commerces dits non-essentiels, des terrasses des cafés-bars-restaurants et des lieux culturels et de loisirs, elle a recueilli la réponse de 49 dirigeants (41 commerçants, 6 cafetiers-hôtelliers-restaurateurs et 2 responsables d’entreprise de services), représentant 76 établissements (66 commerces, 6 CHR et 2 services).

80 % des répondants représentent un seul établissement, tandis qu’à l’autre extrémité, un dirigeant (soit 2 % des questionnés) en représentait 15 dont la plupart sont hors Châteauroux. 76 % des répondants sont des commerçants indépendants et 20 % des franchisés indépendants, les 4 % restants étant des succursales de franchises. Plus de la moitié (52 %) n’ont pas de salarié ou en comptent un seul.

Près de 60 % des 49 dirigeants ont annoncé avoir dû fermer leur boutique pendant le confinement. Les 29 personnes concernées avaient toutes évoqué leur souhait de rouvrir leurs portes dès que possible : 28 (soit 97 %) l’ayant fait dès le 19 mai, un seul ayant préféré attendre le 9 juin, date de la 2e étape du déconfinement et d’assouplissement des contraintes sanitaires.

Une envie de reprendre l’activité au plus vite

88 % des sondés pensent avoir subi une perte de chiffre d’affaires pendant ce confinement, par rapport à la même période en 2019 (dernière année de référence, le confinement étant encore plus strict l’an passé). La moitié de ces derniers (51 %) l’estiment entre 10 et 50 %, tandis que 44 % la chiffrent à plus de 50 % voire à plus de 70 % (près d’un quart des réponses totales). Cette réouverture tant désirée ne se sera pas forcément faite en effectif complet pour 7 entreprises sur les 49 du panel (14 %), l’une d’entre elles ayant même évoqué des difficultés à recruter pour pallier les défections.

Au vu de la météo lors de l’étude, la réouverture des terrasses semblait compliquée. Mais l’été est finalement arrivé avec quelques jours d’avance.

86 % des entreprises sondées estiment disposer des conditions nécessaires à leur redémarrage (42 sur 49). Cependant, les cafés-bars-restaurants appréhendaient une météo alors peu clémente alors que leurs terrasses devaient rouvrir, tandis que d’autres commerçants s’inquiétaient d’une trésorerie réduite et d’un manque de visibilité pour l’achat des stocks à venir. La réouverture partielle des frontières et le recours au télétravail, qui réduisent les flux de clients (touristes ou habitants) d’une façon encore difficile à quantifier, sont également deux problématiques pointées par ces professionnels de proximité.

Nombreux recours à la communication digitale

Pendant le confinement de ce début de printemps, une grande majorité des entrepreneurs sondés a ainsi essayé de s’adapter au mieux pour poursuivre son activité. Ainsi, 80 % d’entre eux (soit 39 sur 49) ont ainsi mis en place une ou plusieurs solutions de vente alternative. Certains n’ont pas hésité à utiliser plusieurs canaux de communication pour faire savoir qu’ils restaient à la disposition de leur clientèle.

Le « call & collect » (appel en magasin pour connaître la disponibilité d’un produit, puis achat lors d’une venue suivante) a ainsi séduit 23 des 39 répondants qui ont continué à travailler. La vente en ligne avec retrait en boutique (« click&collect« ) s’est également bien développée avec 51 % des sondés qui ont annoncé s’en être servi. Autre solution à avoir eu les faveurs des sondés : la vente en ligne avec livraison (41 %). Enfin, on constate également que le social shopping (achats via les réseaux sociaux) se développe de façon intéressante, un commerçant sur trois ayant poursuivi son activité y a eu recours. En revanche, peu (13 %, soit 5 commerçants) sont passés par une marketplace, une solution pourtant proposée par la CCI avec achat-ville.

Des aides bienvenues, mais jugées insuffisantes

Outre ces solutions alternatives, 82 % des dirigeants ont mis à profit les dispositifs d’aide proposés par le Gouvernement. Les 18 % restants à n’y avoir pas fait appel, n’en avaient soit « pas besoin » (3 sur 7) ou ne répondaient pas aux critères pour les obtenir (commerces trop récents ou n’entrant pas dans les catégories ayant droit). Parmi ceux qui ont déposé des dossiers, les aides les plus fréquemment sollicitées sont : le Fonds de solidarité (78 %, soit 31 sociétés sur 40), la mise en chômage partiel des salariés (73 %, soit 29 sur 40), les PGE (50 %), les exonérations et reports de charges sociales (38 %). La réduction ou la suppression des loyers a également été demandée par un tiers de ces sociétés.

Dans la grande majorité des cas (80 %), la demande d’aides s’est bien passée. Il reste encore une marge de progression, certains pointant des problèmes techniques (souci de mot de passe non résolu depuis trois mois), relationnels (manque de contact humain avec l’Urssaf pour une entreprise, refus de baisse de loyers pour trois autres) ou de retard (pas de réponse depuis trois mois pour un des répondants). Ceci dit, le package de mesures proposées par l’Etat n’a convaincu que partiellement : 57 % les ont ainsi trouvées suffisantes. Les autres 43 % déplorent des conditions d’attribution compliquées ou incompatibles avec leur situation spécifique, des retards dans les versements, des délais de remboursement (pour les PGE) trop courts ou tout simplement le manque d’aides pour certaines situations (commerces débutants, produits non couverts par les dispositifs).

Dans le même temps, une grosse moitié des répondants (53 %, soit 26 sur 49) a demandé à ses fournisseurs de bénéficier d’un étalement de ses créances. Seulement seize d’entre eux l’ont obtenu.

Des incertitudes demeurent pour un quart des sondés

Malgré leurs efforts, cette crise sanitaire a eu des effets néfastes sur l’ensemble des personnes sondées. Tension sur la trésorerie (53 %), recours au chômage partiel (49 %), reports de projets et d’investissements (39 %), excès de stock (31 %) engendrent encore pas mal d’inquiétude quant à la l’avenir, près d’un quart (22 %) des répondants ne sachant pas encore quelles conséquences ce confinement aura à plus long terme sur leur activité.

En conclusion, on peut déduire de ces premiers retours que les professionnels de proximité, bien qu’inquiets par manque de visibilité la plupart du temps, restent motivés pour relancer la machine. Les aides de l’Etat ont joué leur rôle d’amortissement des difficultés dans la majeure partie des cas, mais comme toujours, il est difficile de contenter tous les cas particuliers quand on essaie d’aider tous les secteurs en général.

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