Delta Métal entre diversification et investissements

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Le spécialiste des éléments spéciaux de fixation métallique a plutôt bien résisté à la crise, grâce à la diversité de son portefeuille clients mais aussi grâce à sa capacité à s’adapter à toutes les demandes même – et surtout – celles qui sont hors normes dans son domaine d’expertise. Pour continuer à se développer et décrocher de nouveaux marchés à l’international notamment dans le domaine du nucléaire, elle a déposé en mars dernier un dossier dans le cadre de « Territoires d’industrie » qui vient d’être retenu parmi les 35 lauréats du Fonds d’accélération des investissements industriels dans les territoires en Centre-Val de Loire.

Forte d’une longue expérience en matière de fabrication d’éléments de fixation (vis, écrous, rondelles, goujons et tiges filetées) également spécialisée dans la forge à chaud, la PME issoldunoise (90 salariés dont six apprentis et sept stagiaires, CA de 9,9 M€ en 2020 dont 15 % à l’export) fait partie de ces sous-traitants de rang 1 sur lesquels le territoire indrien peut s’appuyer. Son activité se compose de plusieurs cœurs de métiers (forge à chaud, traitement thermique, usinage, roulage par déformation à froid), ce qui lui permet de s’adapter à tous les types de demandes. Elle a également développé un pôle de services connexes à destination de ses multiples clients (co-conception ou réingénierie des pièces avec les bureaux d’études de ces derniers, logistique).

Une activité réorientée et soutenue

Si le secteur de l’industrie a pas mal souffert depuis le début de la crise sanitaire, Delta Métal a réussi à compenser une bonne partie de son manque à gagner dû à la baisse d’activité du secteur de l’aéronautique, de l’aérospatiale, du transport par câble et des remontées mécaniques et du transport ferroviaire par d’autres contrats avec des donneurs d’ordre de premier plan dans les domaines de l’armement (Nexter, Texelis, Naval Group…), du levage et de la manutention TP et agricole (Sandvick, Claas…), de l’énergie (Total, Ponticelli, Andritz…) et du nucléaire (EDF, Orano, Framatome). « Nous sommes très intégrés notamment sur le projet Hinkley Point (Grande-Bretagne) où nous fournissons des pièces de fixation de toutes dimensions, capables de résister à de très fortes contraintes. Nous sommes également le premier fournisseur de EDF pour les pièces de rechange pour des centrales nucléaires en service en France. En 2020, notre premier client a été Framatome avec 1,5M€ de chiffre d’affaires sur des pièces de plus en plus critiques au point de vue sécurité dans le cadre d’un partenariat pour accompagner notamment la fin de construction et la mise en service des réacteurs de type EPR d’Olkiluoto 3 en Finlande et Flamanville 3 », explique Emmanuel Patinet, directeur du site issoldunois.

La diversification de son portefeuilles clients a permis à Delta Métal d’amortir les effets de la crise, tout en investissant pour le futur grâce au soutien du fonds de soutien à l’industrie d’avenir. Ainsi, plusieurs nouveaux équipements ont déjà rejoint les ateliers de Delta Métal (une rectifieuse, deux tours à commande numérique pour un montant de 570 k€) et de son laboratoire de contrôle et d’essais intégré créé en 2014, la SAS Effitech (un mouton pendule 750 Joules ZWICKROELL, doté des dernières technologies en termes d’acquisition de données ainsi qu’en termes de sécurité, outil unique en France). Un nouvel espace de stockage de produits finis a été créé à l’arrière des bâtiments industriels, tandis que l’ancien espace dévolu à cette activité a permis l’installation des nouvelles machines. L’entreprise, qui n’a pas eu recours au chômage partiel au plus fort de la crise, n’a pas utilisé son PGE et se tourne vers l’avenir avec beaucoup d’ambitions, tablant sur un retour à son CA de 2019 (10,5 M€) dès cette année et une progression de celui-ci de 25 % au cours des deux années suivantes.

Anticiper les besoins dans le nucléaire

D’autres investissements sont ainsi envisagés pour moderniser encore le site, et lui apporter de nouveaux débouchés en répondant à des commandes toujours plus spécifiques. En début d’année, Delta Métal a déposé un dossier pour bénéficier de l’aide du dispositif Territoires d’industrie sur l’acquisition de trois nouvelles machines spéciales : une Mazak W200Y Multiplex dans le but de réintégrer sur site la production d’écrous réalisée aux Pays-Bas à ce jour et d’élargir la gamme vers des produits aux géométries plus complexes tout en réduisant la consommation des hydrocarbures nécessaires à cette activité, une fileteuse à chaud Flex M30 pour traiter les supers-alliages et le titane pour les marchés de l’aéronautique et naval (robotisable à terme) et une chauffe de lopin avant forge pour presse moins énergivore malgré une productivité doublée.

Ces investissements, d’un montant de 1 M€, devraient permettre à Delta Métal d’anticiper les constructions de nouveaux EPR en Angleterre et en France. Huit embauches sont prévues également pour accompagner l’arrivée de ces nouvelles machines qui s’étalera de novembre 2021 à avril 2022. « Nous savons que nous avons un potentiel de développement important tant dans le domaine du nucléaire (en maintenance, comme en transport et en stockage des combustibles) que du ferroviaire. Notre autre atout, c’est que nous sommes une industrie de main d’œuvre, productrice de petites séries non robotisables et avec un savoir-faire bien identifié par ces grands groupes qui n’hésitent pas à nous associer en amont à leurs projets d’envergure », conclut le directeur qui évoque également à demi-mots un futur agrandissement du site issoldunois, « un projet d’extension pas encore mature sur lequel nous allons travailler au cours des prochains mois ».

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