Discolab industrie retrouve des couleurs

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Spécialisée dans la formulation et la production de dégraissants et de décapants sur base végétale, la petite entreprise déoloise redécouvre l’ambition après avoir changé de mains il y a six mois.

Depuis mai 2021, la PME déoloise, fabricante de produits nettoyants à partir de chimie verte a intégré le groupe mayennais Horizons dirigé par Perica Milojic. Pour ce dernier, cette acquisition est une manière de diversifier le portefeuille de son groupe, composé d’une autre entreprise du domaine de la propreté : « La politique générale de Symbiose est de vendre en France ce qui se fait de mieux et de moins polluant au monde en matière de détergence pour la désinfection et la stérilisation dans l’industrie « blanche » (où l’ultra-propre est de rigueur, l’industrie pharmaceutique et les milieux médicaux et hospitaliers, ndlr). Cela faisait quelques mois que nous cherchions à développer notre activité vers d’autres secteurs et que nous prospections pour acquérir une nouvelle société dans ce but. »

Plusieurs embauches déjà réalisées

Le profil de l’entreprise lancée par Gilles Breuzin, installée à Bitray depuis quelques années, a de suite séduit l’investisseur. Soucieuse depuis ses débuts de proposer aux industries aéronautiques et automobiles notamment des produits biosourcés, non toxiques et qui ne dégagent pas de dérivés organiques, la PME berrichonne avait des atouts certains à faire valoir et qui ne demandent qu’à être améliorés « Cette acquisition permet d’aider les deux sociétés qui auront des marchés bien distincts, même si des synergies en termes de recherche et développement ou de démarche commerciale sont envisagées », précise le dirigeant qui assure que le site de Bitray est amené à être pérennisé et à monter en charge.  

La holding Horisons, qui chapeaute la destinée des deux sociétés (Symbiose environnement, basée à Laval, et Discolab), a ainsi déjà recruté une chimiste pour reprendre le contrôle des matières premières et des produits finis, en appui d’un tout nouveau responsable de production, Romain Chavallard, lui-même diplômé d’un doctorat en chimie verte et arrivé cet été. Ils côtoient le fabricant et la comptable qui exerçaient déjà sur le site déolois.

De l’aéronautique vers l’industrie « grise » et les ménages

« Pour le moment, nous délaissons le secteur de l’aéronautique où l’on ne s’interdit pas de revenir à plus ou moins long terme. L’ambition que nous avons pour Discolab, c’est la production de nouvelles gammes à destination de l’industrie « grise » (celle qui se rapproche de l’ultra-propre, à savoir les secteurs de la mécanique, de la peinture, de la cosmétique, du ferroviaire, ndlr) d’une part, et pour la vente sur Internet aux particuliers d’autre part. De plus en plus de ménages veulent désormais des produits biosourcés, une prise de conscience qui se retrouve dans les rayons des grandes surfaces. Une place est donc à prendre. Pour ce faire, nous allons encore renforcer notre force de production, qui est de 35 à 40 tonnes annuelles actuellement, en investissant 50 k€ sur trois ans dans l’instrumentation du laboratoire (Toc-mètre…), 100 k€ sur la sécurisation de notre production d’eau et un montant encore à déterminer sur l’automatisation du remplissage de nos contenants », poursuit Perica Milojic. « A ce jour, en optimisant les outils assez rudimentaires dont nous disposons et en y ajoutant quelques ajustements comme une cuve de 10 000 litres pour le stockage de l’eau désionisée, nous pouvons décupler notre production. Nous pourrons même embaucher et former des personnes en local, si besoin ».

Toujours plus de chimie verte

Même si un changement de nom de l’entreprise fait partie des possibilités à l’avenir, les produits Discolab, réalisés à 100 % sur site et sur base végétale, conserveront leur spécificité première : le respect de l’environnement et de la santé des usagers qu’ils soient utilisés de façon professionnelle ou de façon privée. Ainsi, la formulation de nouveaux produits se fait toujours dans le respect de la règlementation, en substituant les matières premières dangereuses.

L’année 2022 sera celle de la remise à niveau des équipements et de la consolidation de la production, avant que celle-ci ne double encore à l’horizon 2023 pour répondre à une demande croissante de divers clients. Ainsi, des discussions avec de gros distributeurs et grossistes qui revendraient à des formulateurs ou à des détaillants sont en cours et pourraient entraîner dans les mois à venir de nouvelles embauches, voire – si le besoin s’en fait sentir – un doublement de la surface du bâtiment de Bitray que Perica Milojic a également racheté. Un contrat est en cours de signature avec un des deux leaders mondiaux de distribution de produits chimiques qui souhaite avoir une gamme biosourcée dans son offre.

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