Les Malteries franco-suisses accélèrent leur décarbonation

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Avec l’appui de l’Ademe et de Kyotherm, la malterie Boortmalt d’Issoudun vient d’installer et de mettre en service une des plus grandes centrales solaires thermiques en site industriel en Europe à Issoudun. L’objectif est clairement fixé : réduire au maximum l’empreinte carbone du site, afin d’être en adéquation avec ce qui est inscrit dans les accords de Paris en matière de climat et avec les attentes de ses clients brasseurs et distilleurs du monde entier.

Le site historique de Boortmalt d’Issoudun (groupe coopératif Axéréal) passe la vitesse supérieure en termes de décarbonation de sa production. Après avoir déjà mis en place la cogénération et la biomasse depuis quelques années, c’est désormais la chaleur des rayons du soleil qui est mise à contribution pour accélérer ce processus vertueux. Le mixte énergétique, destiné à faire de la transformation d’orge local en malt pour bière et whisky une industrie la plus neutre possible en émission de gaz à effet de serre, atteint aujourd’hui les 50 %.

La production de 8,5 Giga Watts heure (GWh) de chaleur durable et durable par an produite par cette nouvelle immense centrale solaire thermique de 14 252 m² (77 rangs de panneaux solaires) – parmi les plus grandes d’Europe sur un site industriel – représente 10 % de ses besoins du site, tout en diminuant de 2 100 tonnes ses émissions de CO2 (l’équivalent de 1 050 voitures). Stockée dans une cuve de 3 000 m3, l’eau réchauffée par cette centrale solaire thermique peut soit être injectée directement dans le process, soit l’être de façon différée dans un délai de 48 heures. En été, lorsqu’il fait beau, la centrale solaire thermique peut même être l’unique seul apport de chaleur du site.

Une production moins émettrice de CO2

En ajoutant à cette nouvelle source de chaleur décarbonée, les 15 % issus de la cogénération et les 25 % générés par l’unité biomasse, le site qui a transformé 168 000 tonnes d’orge en malt pour bière et whisky en 2020 (soit l’équivalent de 4 milliards de demis de bière) pourvoit donc désormais à la moitié de sa consommation énergétique en recourant aux énergies durables. « Il s’agit là d’un projet qui s’inscrit dans la droite ligne de la politique du Gouvernement en termes de préservation de l’environnement, qui y abonde par le biais de France Relance à hauteur de 1,2 milliards d’euros, a précisé Régine Engström, Préfète de la Région Centre-Val de Loire. « Il répond également à la problématique de filières qui deviennent ainsi éco-résilientes. Le Centre-Val de Loire est la 3e région agricole de France, mais la 12e seulement au point de vue agro-alimentaire. Il y a des choses à faire avec le développement de l’Ecologie industrielle et territoriale. Si on veut faire une écologie sans économie, on n’avancera pas. Il faut optimiser les flux logistiques et les flux d’énergie, comme c’est le cas avec ce projet exemplaire qui conjugue l’histoire d’un site industriel emblématique d’une ville et notre futur. »

Un projet à près de 7 M€, soutenu par l’Ademe

Comme l’a précisé Yvan Schaepman, Directeur général de Boortmalt (leader mondial de la production de mal avec 17 % du marché mondial), l’objectif de la filiale du groupe Axéréal « est de réduire a minima de 50 % les émissions de CO2 d’ici 2030 sur l’ensemble du périmètre mondial de [l’entreprise] en s’inscrivant ainsi dans les accords de Paris sur le climat qui prévoyaient un scénario d’une montée des températures de 1,5°C. Au vu des derniers événements climatiques, il nous faudra sûrement tous faire plus. Boortmalt s’engage donc à atteindre le 0 carbone à l’horizon 2020 ». Pour atteindre cet ambitieux objectif, de gros investissements à l’instar de celui de la centrale d’Issoudun (7 M€ environ, financés à hauteur de 3,7 M€ par l’Ademe – 3 M€ d’aides et 500 k€ d’aides remboursables dans le cadre de l’appel à projets « Grande installations solaires thermiques » et Kyotherm, investisseur spécialisé dans le financement et la structuration des projets de production de chaleur renouvelable et d’économies d’énergie*) sont ainsi réalisés chaque année sur l’ensemble des sites du groupe (27 malteries au total). Un autre projet, basé sur la géothermie, est déjà à l’étude avec l’Ademe pour accentuer encore la diminution de l’empreinte carbone de la malterie issoldunoise.

 * Kyotherm s’est vu attribuer le « Solar Award » de l’année 2019 catégorie « Heating & Cooling » par l’Agence Internationale de l’Energie, pour l’ingénierie financière particulière mise en œuvre pour le projet issoldunois.

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