La navette « Full autonomy » en 1ère mondiale à Châteauroux

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Pour arriver à cette première mondiale sans opérateur à bord, le Groupe Keolis, Navya et la Fédération française de Tir ont œuvré de concert pendant près d’un an.

Quasiment un an après son lancement, le Centre d’essai des mobilités autonomes (Cema), créé par Keolis France à La Martinerie (Déols), franchit une étape cruciale avec une première mondiale : la mise en service effective d’une navette Navya 100 % autonome, sans conducteur à bord, pour desservir le site du Centre national de tir sportif (CNTS).

Elle avance seule, la navette Autonom Shuttle Evo blanche, sans bruit, sur l’allée des Moineaux. Drôle de nom pour une voie de circulation, que les opérateurs de Keolis ont donné à cet axe de l’ancienne base militaire indrienne où les moineaux leur ont bien souvent joué des tours dans la mise au point des navettes autonomes en coupant la route pour aller chiper des baies sur l’un des arbustes qui la bordent. Mais en ce 16 octobre, aucun volatile n’est venu perturber la démonstration de ce déplacement 100 % autonome, sans opérateur à bord, sur le site du Centre national de tir sportif (CNTS) pour ce qui constitue une première mondiale dont l’Indre pourra se targuer longtemps.

Bardé de capteurs et d’un Lidar, le véhicule avance à un peu plus d’une dizaine de km/heure, emportant quatre personnes maximum à son bord en raison des normes sanitaires en vigueur (dix en temps normal) sous l’œil protecteur d’un superviseur qui contrôle sa bonne marche sur quatre écrans couvrant 360° autour de la navette et l’intérieur de celle-ci. En cas de souci, ce dernier annonce aux usagers qu’il prend les choses en main et appelle un opérateur déporté pour qu’il règle le problème in situ.

L’avancée du véhicule est surveillée en permanence par un superviseur. A terme, un superviseur pourra surveiller une flotte d’une dizaine de véhicules.

Le CNTS, un site parfait pour les expérimentations de mobilité autonome

Étienne Hermite, président du directoire de Navya (constructeur lyonnais de navettes autonomes), s’est dit doublement heureux de cette journée historique : « Nous avons eu la chance de découvrir le CNTS par le biais de notre partenaire Keolis qui opère à Châteauroux comme délégataire de service public pour les transports urbains de l’Agglomération castelroussine. Il est parfaitement adapté à cette expérimentation grandeur nature. Grâce à une parfaite collaboration avec la Fédération française de Tir (propriétaire des lieux depuis 2017, ndlr), nous avons pu y adapter les parcours, positionner puis repositionner nos repères, procéder à toutes les modifications nécessaires pour faire progresser cette technologie et les logiciels. C’est une rampe de lancement extraordinaire pour nous, et nous sommes également très contents de participer à la reconversion exemplaire d’une ancienne base militaire où une longue histoire s’est écrit depuis 1915 ».

Les élus, dont Gil Avérous, maire-président de Châteauroux Métropole, et les médias locaux ou spécialisés, ont pu profiter d’un moment inoubliable et un peu déroutant à bord cette navette sans chauffeur ni volant ni pédale, un parcours prédéfini d’environ 1,5 km entre le stand de tir principal et les hangars Bessonneaux situés au niveau du parking 1. Ce tracé n’a pas été choisi au hasard, puisque cette liaison sera l’une de celles qui permettront au public de se déplacer en toute quiétude sur le site pour assister aux futures grandes épreuves de tir qui seront organisées dans les prochains mois. « Un cas d’usage parfait du 1er et dernier kilomètre où l’offre de transports classique se fait moins pertinente et moins extensible », selon le dirigeant du Navya Group.

Jean Ghedira et Etienne Hermite, représentants respectifs du Groupe Keolis et de Navya SA, étaient particulièrement fiers des fruits de leur partenariat avec la FFTir et les collectivités locales.

Navya, Easy Mile et les autres…

Pour Jean Ghedira, Directeur exécutif marketing et nouvelles mobilités du Groupe Keolis, ce site privé qui accueille du public était le terrain idéal pour tester toutes les configurations possibles autour de cette navette et d’autres de la marque Navya (mais aussi de leurs concurrentes issues du constructeur toulousain Easy mile ou d’autres à venir en 2021) et pour avoir des retours d’utilisateurs. « Ici, nous avons eu de vrais clients, les tireurs, qui nous ont fait part de leurs réflexions, une fois l’effet « waouh » passé. De plus, quand des délégations internationales viennent ici, elles repartent avec une image de modernité et d’attractivité d’un territoire qui se donne les moyens d’être séduisant. Pour nous en tant qu’opérateur, c’est bingo ! », concède-t-il.

La Haute Responsable pour la stratégie de développement des véhicules autonomes au sein du Gouvernement, Anne-Marie Idrac, a expliqué lors de son allocution vidéo en ouverture de l’événement, que « l’autonomie totale sur route ouverte reste encore un rêve lointain voire inaccessible ». Toutefois, l’ancienne ministre a annoncé également attendre beaucoup de cette expérience pour envisager un développement maîtrisé des mobilités autonomes, sur des circuits sécurisés, adaptés à des cas d’usages spécifiques. Quant à la suite, elle se montre confiante et déterminée :« Sur ce soutien à l’innovation, la puissance publique (à savoir l’État, ndlr) est attendue. Le travail de fond mené depuis quelques années avec nos champions du développement français du modèle du transport automatisé se poursuivra donc »

Châteauroux Métropole déjà séduite

Les prochains enjeux pour Navya, selon les dires d’Etienne Hermite, consistent en la transformation de l’expérimentation en offre de service réelle ainsi qu’en l’augmentation de la complexité des opérations pour atteindre une vitesse d’exploitation plus grande (14 km/h à ce jour) dans des conditions de circulations autres que celles du Cema.

Les collectivités locales, quant à elles, se montrent déjà très intéressées par ces nouveaux modes de déplacement, à l’instar de Châteauroux Métropole, dont le maire-président imagine déjà que des navettes autonomes pourraient desservir le complexe aquatique Balsan’éo en partant du mail Saint-Gildas. « Cela nous permettrait de résoudre le problème du manque de stationnement autour de ce grand équipement de sport et de loisirs et d’offrir une alternative aux bus de ville traditionnels », a précisé l’édile indrien.

D’autres collectivités, comme Saint-Quentin-en-Yvelines notamment, sont déjà prêtes à se lancer sur cette voie des mobilités du futur. Mais dans l’histoire automobile, c’est bien le nom de Châteauroux qui restera associé pour toujours à cette première mondiale « Full autonomy » (100 % autonome) qui va révolutionner le monde du transport.

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